Pour les premières

le 5 septembre 2019

Lettre ouverte aux élèves de première

Dans cet établissement, vous avez accès à une partie des coulisses, nous pensons utile de vous exposer par écrit notre démarche, dont la réussite dépend autant de vous que de nous. Le choix que nous faisons de l’écrit, c’est l’idée que , disposant ainsi d’un texte que vous pourrez garder et sur lequel vous pourrez revenir, vous aurez de cette façon davantage le temps de la réflexion personnelle, qui permet peu à peu à la pensée de s’élaborer.

D’abord, voici les qualités nécessaires à notre collaboration : nous voulons travailler avec un groupe qui réfléchit, qui pratique l’écoute, qui ne confond pas jugement à l’emporte-pièce et exercice de la faculté de discriminer. Cette ambiance cordiale, détendue et sérieuse en même temps, elle dépend de chacun de nous : il ne s’agit pas d’être ami avec tout le monde, mais d’être simplement bon camarade.

Apprendre, c’est se confronter à de l’inconnu, on n’apprend pas ce qu’on sait déjà ! Cette activité peut susciter des peurs, des conflits, des doutes, des incompréhensions, des questionnements, des enthousiasmes aussi et bien des surprises. Il est bon de le savoir. Nous développons des « tactiques » différentes devant l’apprentissage :certains mettent du temps avant d’oser se mettre au travail tandis que d’autres foncent tout de suite, il peut y avoir aussi des avancées par paliers avec du sur-place avant un redémarrage. Mais une chose est sûre :l’exigence envers soi-même n’exclut pas le plaisir, celui par exemple de pouvoir constater les progrès qu’on a faits. Et là, il ne s’agit pas de se comparer aux autres, c’est une histoire entre soi et soi. Nous ne portons pas de jugement envers celui qui parmi vous n’a encore jamais vraiment lu un livre et celui qui lit tous les jours. Le progrès, ça se mesure par rapport à notre point de départ, un point c’est tout. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi cette question de l’ambiance de travail nous tient tant à cœur.

Apprendre c’est dur, nous venons de le dire, et cela passe part un effort, qui porte dans plusieurs directions. Il y a le travail du groupe classe, celui que l’on fait à deux ou à trois, celui qu’on conduit tout seul. Il y a le travail de l’écrit, celui de l’oral, le soin porté à comprendre comme celui porté à bien présenter ce qu’on a compris afin que notre production corresponde à ce qui est demandé. Ce cadre est rassurant car on sait où on va et ce qu’on a à faire. A ce propos, nous réfutons dans la classe de première, l’opposition que l’on fait parfois entre ceux d’entre vous qui préparez l’examen et ceux qui ont fait un autre choix. Un cadre n’est pas un carcan et il autorise bien des souplesses une fois qu’on a mis en place l’organisation de son travail : il y a un emploi du temps dans l’établissement, à vous d’en établir un pour votre travail personnel.

Faites vous confiance et faites-nous confiance. Oui cela résonne comme un slogan publicitaire ! Sachez que les artifices de la rhétorique sont des outils et qu’il ne dépend que de vous de vous les approprier, et de gagner ainsi en liberté. Pour pouvoir mettre en œuvre les projets qui vous sont chers, la maîtrise de la langue et la culture historique, ça sert à quelque chose.

Nous attendons maintenant de chacun d’entre vous une réponse écrite à notre lettre ouverte, réflexion, engagement, questionnement sur tel ou tel point… Votre texte ne sera pas obligatoirement long. Mais nous vous demandons d’en soigner la rédaction et la présentation.

Samuel


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