Bien parler suffit-il pour être un bon orateur ? Cicéron, Quintilien et les armes de la parole
HLP Première – Les pouvoirs de la parole
Temps de lecture : 10 à 12 minutes

De L’Odyssée à Christopher Nolan : pourquoi certaines paroles nous captivent-elles ?
Pourquoi une histoire racontée il y a près de trois millénaires peut-elle encore fasciner un public contemporain ? Avec son adaptation de L’Odyssée, Christopher Nolan remet Homère au centre de la culture populaire et nous ramène à une époque où les grandes histoires étaient d’abord faites pour être dites et entendues.
Avant le cinéma, avant l’imprimerie et bien avant nos vidéos en ligne, la parole permettait déjà de retenir l’attention d’un auditoire. L’épopée homérique appartient à une tradition profondément liée à l’oralité, à la récitation, à la mémoire et à la performance.
Le programme de Première HLP mobilise d’ailleurs L’Odyssée lorsqu’il s’agit d’étudier les pouvoirs de la parole, notamment avec Démodocos au chant VIII et les Sirènes au chant XII.
Une parole peut donc raconter, émouvoir et séduire. Mais peut-elle aussi convaincre ? Et surtout, celui qui sait captiver son public est-il nécessairement un bon orateur ?
Problématique
Bien parler suffit-il pour être un bon orateur ?
Pour répondre, nous allons suivre trois grandes étapes :
- Aristote : comment persuade-t-on ?
- Cicéron : que doit savoir celui qui parle ?
- Quintilien : comment forme-t-on un orateur et quelle responsabilité porte-t-il ?
Objectifs d’apprentissage
À la fin de ce parcours, vous devez être capable de :
- définir logos, ethos et pathos ;
- expliquer pourquoi Cicéron refuse de réduire l’éloquence à une simple technique ;
- comprendre le projet pédagogique de Quintilien ;
- distinguer savoir parler et savoir de quoi l’on parle ;
- analyser la voix, le geste et la mise en scène d’un discours ;
- utiliser ces connaissances dans une question d’interprétation HLP ;
- transférer ces compétences vers le Grand Oral.
Aristote : comprendre comment fonctionne la persuasion
Avant Cicéron et Quintilien, Aristote propose dans la Rhétorique une analyse devenue fondamentale des moyens de persuasion.
Trois notions permettent d’expliquer une grande partie de l’efficacité d’un discours : le logos, l’ethos et le pathos.
Le logos
Le logos correspond au raisonnement.
Un orateur doit être capable de justifier ce qu’il affirme. Une opinion ne devient pas un argument simplement parce qu’elle est prononcée avec assurance.
Il faut donner des raisons, construire un raisonnement, utiliser des exemples et éventuellement s’appuyer sur des faits ou des preuves.
L’ethos
L’ethos désigne l’image que l’orateur construit de lui-même.
Lorsque quelqu’un parle, nous n’évaluons pas uniquement ses arguments. Nous observons aussi celui qui les prononce.
Semble-t-il compétent ? Sincère ? Sérieux ? Peut-on lui faire confiance ?
L’orateur construit donc également sa crédibilité.
Le pathos
Le pathos concerne les émotions suscitées chez l’auditoire.
Une parole peut provoquer la peur, l’espoir, la compassion, la colère ou l’enthousiasme.
Les émotions ne sont pas nécessairement opposées au raisonnement. Elles peuvent accompagner un argument. Mais elles peuvent également être utilisées pour détourner l’attention ou empêcher une réflexion suffisamment critique.
À retenir : Aristote
Aristote distingue trois dimensions essentielles de la persuasion :
- Logos : raisonner et argumenter.
- Ethos : construire sa crédibilité.
- Pathos : susciter des émotions.
Un même discours peut combiner ces trois moyens de persuasion.
Vidéo — Cicéron et Quintilien : les armes de la parole
Vérifier ses acquis : Aristote
Pour poursuivre
Retrouvez le parcours Comprendre les pouvoirs de la parole en HLP, puis l’article L’art de la parole : peut-on apprendre à bien parler ?.
Pour travailler plus largement la prise de parole et préparer les épreuves orales, consultez aussi Réussir un oral : méthodes et entraînements.
